LA VERITE
de Florian ZELLER

Création au Théâtre Montparnasse - Janvier 2011
Mise en scène de Patrice Kerbrat
Avec Pierre Arditi, Fanny Cottençon, Christian Millet, Patrice Kerbrat
« Brillantissime », Le Pariscope.
« Drôle à en frémir », Télérama.
« Un régal », Le figaro Magazine.
« Du grand art », Le Figaro.
« Epoustouflant ! », Nouvel Obs.
« Hilarant et jubilatoire. » La Tribune.
PARIS MATCH
Florian Zeller en vérité
Le rideau du Petit Théâtre de Paris est à peine retombé une ultime fois sur « La mère », son dernier succès, que
déjà celui du théâtre Montparnasse se lève sur sa nouvelle pièce, « La vérité ».
Un entretien avec Alain Spira - Paris Match
Paris Match. Ecrire une pièce sur le mensonge et la baptiser “La vérité”, n’est-ce pas déjà mentir ?
Florian Zeller.
C’est un éloge du mensonge. Le point de départ est cette phrase de Voltaire qui dit : “Lemensonge n’est un vice que quand il fait du mal ; c’est une très grande vertu, quand il fait du bien.” C’est une
bonne morale de vie.
De mentir ?
Non, mais de considérer qu’épargner les autres peut justifier un mensonge. La situation classique, au théâtre, est
de voir un menteur mentir. En fait, le personnage joué par Pierre Arditi est un menteur à qui tout le monde ment.
Voilà ce que je voulais raconter. Du coup, la vérité est quelque chose avec quoi on croit jouer et qui se dérobe en
permanence.
Quel est le plus préjudiciable ? Mentir aux autres ou à soi-même ?
Se mentir à soi-même, ça, c’est sûr ! Encore qu’il y ait des mensonges pour lesquels il est légitime de n’avoir
aucune indulgence. Par exemple en politique.
Mais le souci permanent de la transparence, une des caractéristiques de notre époque où l’on exige de tout
savoir sur chacun, est préjudiciable à la liberté et au bonheur.On n’écrit pas sur un tel sujet par hasard.
Alors, sans mentir, êtes-vous un menteur ?
Bon, d’accord ! C’est vrai que l’on n’écrit pas innocemment sur le mensonge... Mais le mensonge est aussi, et
surtout, la base du théâtre. Le masque, c’est le mensonge. Mentir, c’est porter un masque.
N’est-ce pas aussi dissimulé sous un masque que l’on peut dire toutes les vérités ?
Ce sont des interrogations qui traversent le théâtre depuis toujours, et ce sont aussi des situations qui permettent
d’aller vers l’énergie du rire
et de la comédie. En écrivant cette pièce, j’avais pris, comme dit Sacha Guitry, le parti d’en rire.
Cette “Vérité”, vous l’avez écrite sur mesure pour Arditi...
Effectivement, non pas qu’il soit un grand menteur, mais il a souvent incarné ce genre de personnage. C’est
l’interprète qui m’a guidé vers mon sujet. Je ne me suis pas dit que j’allais écrire là-dessus parce que j’avais des
problèmes avec ma femme. Je voulais parler de choses plus universelles.
Vous réduisez tout de même les notions de vérité et de mensonge aux quatre murs d’une chambre d’hôtel
où un homme marié et la femme de son meilleur ami s’envoient en l’air sans trop philosopher. En fait,
vous avez écrit un pur vaudeville...
Oui, bien sûr, on est dans une situation de vaudeville où un homme et une femme sont dans la dissimulation.
“La vérité” parle avant tout d’une certaine impossibilité pour le couple de vivre dans la fidélité, du moins
sexuelle. Vous ne portez pas de jugement dans votre pièce mais vous avez bien un avis là-dessus ?
C’est toujours périlleux de faire des généralités, car on pense différemment aux différents moments de sa vie et
aux différentes étapes d’une histoire. Il est de plus en plus difficile d’imaginer que l’ensemble de l’autre sexe
puisse se résumer à une seule personne. Néanmoins, on peut toujours voir l’histoire du couple comme une
bataille. J’explore peut-être mes propres contradictions, mais c’est aussi le privilège de l’écriture. En écrivant, je
peux raconter des choses que je traverse en les fantasmagorant.
Et en les dialoguant, surtout...
En tout cas, j’emploie un matériau très simple afin qu’aucune de mes phrases ne soit là pour être applaudie. J’ai
construit un puzzle où plus on avance, moins la vérité apparaît. Encore une fois, mon propos n’est pas le couple
mais je me sers du théâtre pour poser des questions. Mon intention n’est pas de faire la morale...
Le souci permanent de latransparence est préjudiciable au
bonheur
Au contraire, vous faites de l’amoral !
Disons que, d’une façon souterraine, il y a une sorte de morale qui est une leçon de liberté donnée aux autres.
Le passage du roman à l’écriture théâtrale a-t-il été facile ?
Avant d’écrire pour le théâtre, je n’y allais jamais. Je lisais des pièces, mais je n’étais pas un spectateur. En
devenant auteur dramatique, j’ai
découvert le spectacle vivant, les répétitions, la vie de troupe. Et maintenant, j’adore ça. J’écris plus rapidement
une pièce qu’un livre. Pour “La vérité”, j’ai avancé pratiquement au rythme des dialogues. J’entendais Arditi
parler en écrivant. Je ne sais pas si travailler pour le théâtre est plus facile, mais moi, je m’y sens plus à l’aise.
Littérature, théâtre, vous êtes partout, mais pas encore au cinéma. Cela ne vous titille pas, le septième art
?
Je suis très cinéphile. Pour le moment je ne suis qu’un spectateur passionné. En tout cas, je préférerais réaliser
qu’être scénariste. J’y vais très doucement car, avant de me lancer dans un film, je veux être sûr de ce que je
veux faire. Il y a trop de chemins, et l’on peut facilement se
perdre en route.
Vous avez écrit sur la mère, sur le mari. Maintenant que vous avez un petit garçon de 2 ans, n’avez-vous
pas envie d’écrire sur le père ?
Ecrire “La mère” n’était pas très loin du fait d’avoir eu un enfant. Comme tous ceux qui deviennent père, j’ai
découvert les choses les plus banales. Notamment l’immensité de ce qu’une mère donne à son enfant. Les nuits
blanches pour apaiser les fièvres, la main sur le front du petit. Cela me bouleverse et m’a rappelé qu’à moi aussi
on a fait cela.
C’est bien beau d’admirer le dévouement de la mère, mais est-ce Marine (Delterme), votre compagne, qui
assume tout, ou bien mettez-vous aussi la main à la couche ?
Comme je travaille à domicile, je suis quand même beaucoup associé à la vie familiale. C’est en observant cette
sorte d’ingratitude qu’ont les fils vis-à-vis de leur mère que j’ai eu envie d’écrire “La mère”, l’histoire d’une
femme qui se fait abandonner.
Vous trouvez en général les fils ingrats. Ils sont pourtant, très souvent, extrêmement attachés à leur mère
et admiratifs ...
Peut-être, peut-être... Je ne suis sans doute pas assez comme ça. Quoi qu’il en soit, il y a pour les fils une
nécessité salutaire, joyeuse, de partir. Et cela reste une forme de trahison.
Vous croyez en l’amour ?
Je crois au sentiment amoureux. Aimer et être amoureux sont deux choses très différentes. Etre amoureux, c’est
en fait assez facile. Aimer est un vaste défi qui se fait, souvent, contre soi-même.
Seriez-vous un romantique ?
Je ne suis pas du tout quelqu’un de romantique. Ce n’est pas un mot qui me ressemble. Je vois le romantisme
comme une soumission à des codes qui ne nous appartiennent pas. C’est se raconter une histoire, être en
représentation dans la vie, jouer un rôle. Moi, je préfère le vrai théâtre avec un rideau et des applaudissements
ENGLISH VERSION
LA VERITE
(THE TRUTH) by Florian ZELLER
Alice feels guilty with regard to her husband she’s been cheating on for the last six month with his best friend Michel. She’s also fed up with having to make do with seeing her lover once a week for the afternoon in a hotel.
As for Michel, married to Laura, a discreet teacher, he is far less bothered about having to make up fantasy meetings. For the best of all, he says, it’s better to continue as they are and conceal the relationship.
… the play disects the relationship between the four characters … one lie too many and the situation escalates uncontrollably. Like a pack of cards, all it needs is for one to fall for the entire edifice to collapse.
Florian Zeller’s first comedy, taylor-made for Pierre Arditi, and is written with great style and wit.
It illustrates Voltaire’s maxim " a lie is only bad when it’s harmful. It has great virtue when it does good. "
LA VERITE / Florian Zeller directed by Patrice Kerbrat
Théâtre du Montparnasse, Paris
LE FIGARO
Nathalie Simon
January 2011
Michel is a liar and he has no qualms about it. He is weak, an immature womanizer, a selfish predator and incredibly naïve. In short, a man.
Married, he’s having an affair with his best friend’s wife. No-one knows, or at least, that’s what he thinks. But there’s always a bigger liar lurking around the corner. One day Michel discovers that all those he’s been lying to are even worse than he is. Will he learn by his mitakes ? Not at all !
It’s a wonderful and amusing role for Pierre Arditi who immediately springs to mind as The right actor … He is perfect and utterly convincing in his role as the two-timing / two-timed husband. He lies so well that one almost wonders if he’s still acting which is precisely where his talent is. He manages in all situations to fall back on his feet with shameless amusement. His performance is exceptional. On stage with him are three wonderful actors all with ambiguous characters to deal with : Fanny Cottençon and Christiane Millet as well as Patrice Kerbrat, the best friend and also director of the play.
The production has shades of Guitry with quicker tighter dialogue
; Florian Zeller remains faithful to his favourite subject : his play on words and in this instance between truth and lies.
The dialogue is vivacious, fluid and remarkably constructed.
A wonderful actor, subtle text and a good comedy, this Vérité/Truth is pure delight
.
LE FIGARO MAGAZINE
Philippe TESSON
February 2011
Pierre Arditi shines in his new role as the lying deceitful lover written for him by Florian Zeller perfectly directed by Patrice Kerbrat and an excellent cast.
… True or false ? The actors reveal just enough clues as they deal with these little accidents of married life.
A hilarious evening !
LE FIGAROSCOPE
Armelle Héliot
February 2011
It’s a modern, well written, amusing farce
… Zeller has been having fun with building this play in which it appears that being truthful is not a quality and even less a virtue.
So they can spend a whole night together, Michel and Alice make up an unbeleivable tale which provokes a multitude of situations in which each character is revealed to show that they are all cheating, one way or another.
LE JOURNAL DU DIMANCHE
Danielle Attali
February 2011