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En 1925, quand Joséphine fait l'événement,
elle n'a pas 20 ans. Simenon en a 22. On ne sait quand commence leur
liaison, mais elle est attestée et par elle et par lui, de même
que la fin de celle-ci, durant l'été 27, où Simenon se réfugie
sur l'Ile d'Aix avec Tigy, son épouse : " J'étais devenu
l'ami … de Joséphine Baker que j'aurais épousée si je ne m'étais
refusé, inconnu que j'étais, de devenir M. Baker ", écrit-il
dans ses Mémoires intimes.
On peut imaginer que tout rapprochait
ces deux-là : le petit provincial culotté monté à Paris, y
attendant gloire et fortune, et la petite métisse, bonne à tout
faire chez les Blancs dès 8 ans, avant d'être serveuse et de rêver
devenir, grâce à la danse, une star. Mais, bien davantage encore,
la liberté d'allure de Joséphine, son audace, son amoralité
joyeuse ont dû séduire un homme qui se dit constamment tenté par
le désordre, qui avoue un goût prononcé pour une sexualité
rapide et sauvage, élevée au rang "des instincts de
base" qui spécifient "l'homme nu". Joséphine va
figurer, à ses yeux, ce primitivisme qu'il recherchera plus tard en
Afrique et à Tahiti, cette palpitation de la vie, cette intensité
charnelle sans culpabilité. Dans les danses haletantes et
sensuelles de l'Américaine, scandées sans obscénité, nul tabou,
mais le pulsionnel pur, tel que l'imaginait Georges. Ils vivront
quelques mois de folie dont on ne sait pas grand-chose, si ce n'est
ce projet d'un Joséphine Baker's Magazine, à elle consacré, et
dont Georges serait le rédacteur en chef. On sait aussi qu'ils
resteront amis, qu'ils se reverront, bien plus tard, alors que
Simenon séjourne aux Etats-Unis après la Guerre et qu'il la reçoit
chaleureusement en compagnie de Denyse, sa seconde épouse.
Danielle
Bajomée
directeur du Centre Simenon de l'Ulg
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