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Auteur notamment des "Origines du
totalitarisme" et témoin du procès Eichmann à Jérusalem, Hannah
Arendt est née en Allemagne dans une famille juive, mais fuit
l'Allemagne nazie pour les Etats-Unis où elle passe l'essentiel de sa
vie.
Entre-temps, dans les années 1920, Hannah
Arendt avait entretenu une relation avec Martin Heidegger, le philosophe
allemand qui inspira notamment Jean-Paul Sartre et l'existentialisme.
Heidegger était membre du parti nazi, même si ses écrits ne sont pas
considérés comme allant dans le sens de la pensée
nationale-socialiste. Par ailleurs, dès 1933, il s'était retiré de
toute action politique, et le parti nazi ne le considérait pas comme un
militant fiable. Mais le philosophe a toujours eu une position ambigüe
vis-à-vis du Judaïsme.
C'est ce dernier point qui pose problème
dans sa relation avec la jeune Hannah Arendt. Celle-ci n'a que 20 ans
quand elle fait la connaissance du philosophe, âgé de 35 ans. Tous
deux tombent sous le charme l'un de l'autre, mais Hannah, sera
constamment embarrassée par l'antisémitisme de Heidegger.
La pièce s'efforcera d'apporter un éclairage
nouveau sur cette liaison, qui fut marquée du sceau d'une extrême
pureté, comme en témoigne cette lettre de Heidegger à Hannah Arendt:
"Tout doit être simple limpide et pur entre nous. Alors seulement
nous serons digne d'avoir eu l'heur de nous rencontrer. Que vous ayez été
mon élève, et moi votre maître, cela ne fut jamais que l'occasion
propice à ce qui nous est arrivé... Mais j'aimerais en tout cas vous
dire merci et, en posant un baiser sur votre si beau front, faire passer
dans mon travail la bénédiction qu'est la pureté limpide de votre être.
Réjouissez-vous, vous qui êtes la bonté même !" Votre M.H.
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