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SÉJOUR POUR
HUIT A TADÉCIA
de Luc GIRERD

Création
au Cado d'Orléans - Novembre 2003

Reprise
au Théâtre
de l'Ouest Parisien
du
3 décembre 2003 au 6 février 2004

Mise
en scène de Gildas Bourdet
Avec
Alexandre Aubry, Nathalie Blanc, Benjamen Boyer, Bruno Debrandt, Julie
Delarme, François Dunoyer, Sylviane Goudal, Philippe Séjourné
Publié
par Théâtre en Poche, Editions du Laquet (2001)
9
personnages : 6 hommes, 3 femmes.
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"
Tadécia. Une ville quelque part en Europe. Dans les ruines d'une
guerre qui écrase les civils, six réfugiés se retrouvent dans
un vieux théâtre, encore debout malgré les bombes... Pour
les uns, il s'agit d'oublier la disparition du fils aîné, pour
les autres c'est la course aux passeports pour fuir devant un
ennemi sans pitié. Commence alors pour ces six réfugiés et les
deux officiés chargés de leur évacuation un séjour à Tadécia
qui va donner à leur existence un tour inattendu et rendre à
chacun les raisons d'espérer..." Les
Editions du Laquet
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EXTRAITS
DE PRESSE
"Girerd
est un auteur ardent , varié , profond subtil , sincère . Riche de
nostalgie et de rêves . Un homme qui sait que le passé et le présent
sont un couple marié devant Dieu et que toute la littérature depuis
Homère est le récit de cette union malheureuse".
Patrick
Besson
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Rubrique
: Théâtre
Genre : contemporain
Une Comédie dramatique en 9
tableaux de Luc Girerd
Rien n'est simple. Tel est le credo de Luc
Girerd, les guerres pas plus que le reste des affaires humaines.
En situant l'action de sa pièce au cour d'un conflit, sans doute
balkanique, sur la scène d'un théâtre, il nous laisse entendre
que le travail de l'imaginaire peut seul nous mettre à distance
de l'acte meurtrier ; à défaut de faire l'économie de sa sombre
et inexplicable nécessité. Séjour pour 8 à Tadécia raconte la
cohabitation temporaire de huit personnages réunis de force par
la guerre. Aucune solidarité de camp ne les soude. Seule la
nécessité les associe, autant qu'elle les oppose les uns aux
autres. Les lois de la guerre et de la paix qui règnent au dehors
ne sont pas différentes de celles qu'ils s'inventent pour
partager le territoire, la nourriture et les femmes. Si l'auteur
est chrétien, protestant précise-t-il, il ne faut attendre de
lui aucune leçon morale. Ses personnages sont partagés,
contradictoires, ambivalents. Si certains n'ont de cesse
d'affirmer leur sens moral, leurs actes les démentent. Ils ne
sont pas ce qu'ils croient être et font tout autre chose que ce
qu'ils ont l'intention d'accomplir. La dimension héroïque ne
leur est pas étrangère, mais la trop humaine trivialité a tôt
fait de les rattraper. Il n'y a pas trace, dans son théâtre, de
quelconques soucis humanitaires mais uniquement de puissantes
préoccupations humaines. Il ne condamne personne, n'épouse aucun
camp, ne vole au secours de personne mais nous incite à nous
confronter à la complexité de l'âme humaine. Il nous rappelle
que le Mal, comme le Bien, est au cour de l'homme et non de telle
ou telle faction. Nous ne cessons de vouloir ignorer cette
évidence parce que nous préférons ce qui est simple et
tranché. Mais Luc Girerd n'aime ni ce qui est simple ni ce qui
est tranché. Sa foi religieuse n'est nullement manichéenne ;
peut-être même lui interdit-elle toute autre certitude que celle
selon laquelle l'homme tient en lui-même les clefs de sa perte ou
de son salut, qu'il croie ou non en Dieu. Mais si Luc Girerd ne
condamne pas la guerre, il en déplore la mystérieuse et navrante
nécessité, dont le secret touche sans doute au cour même de la
race humaine et de ce qui la perpétue : l'union infiniment
problématique des deux sexes qui la composent. Eros et Thanatos
sont compères à jamais. La guerre de Luc Girerd, c'est celle des
films du même nom et celle que l'on voit à la télévision.
Grâce à Dieu, l'auteur n'en a vécu aucune (pourvu que ça dure
!). Mais pas très loin de chez lui, c'est-à-dire sur la terre,
les hommes n'arrêtent pas de se faire la guerre. Et cela oblige
à réfléchir, même dans la quiétude qui est la nôtre depuis
quarante ans. Et y réfléchir ce n'est pas nécessairement se
sentir coupable. Au contraire, c'est une obligation à quoi porte
l'écriture. Le décor choisi par l'auteur (la cage de scène d'un
théâtre déserté) n'en est pas un, ou plutôt il les incarne
tous. Entre les décors anciens laissés à l'abandon et les
décors à venir, il devient ainsi une métaphore du monde où une
pièce se jouera en un temps de guerre où le théâtre fait
relâche. Un acteur rescapé de l'exode viendra ainsi
opportunément nous rappeler que la vie des hommes entre eux est
une comédie, et que sans la comédie de la diplomatie (qu'incarne
un autre des personnages), aucune paix n'est possible. Dans
Séjour pour 8 à Tadécia, les thématiques s'entrecroisent,
s'emmêlent, se dénouent au fil des scènes. La pièce est aussi
le récit de l'amour déçu d'un adolescent, où l'inébranlable
réalité le confronte à la désillusion et au désenchantement.
Luc Girerd aime le théâtre qui s'avoue tel. Il n'a honte ni du
dialogue ni des mots ni des situations, fussent-elles comiques ou
dérisoires. Son théâtre ressemble fort à celui dont nous
sommes dans la vie quotidienne d'infatigables interprètes. C'est
à une sorte de mort et de naissance d'un monde qu'il nous convie.
Gildas Bourdet |
Un vrai moment d'humour plein de sens
Voilà une pièce pleine de surprises qui parle de la
guerre et de ses horreurs avec humour(beaucoup d'humour), sensibilité
et intelligence. Une troupe formidable même s'il existe un petit temps
d'adaptation pour rentrer dans le huis clos. On peut regretter
peut-être la scène finale qui n'est pas utile au reste de la pièce.
Merci aussi de nous avoir fait découvrir le TOP qui est un havre de
gentillesse où il fait bien chaud durant ces périodes de grand froid.
écrit par : pacman
le 08/12/2003
Excellent spectacle
Une pièce qui confirme la qualité de la
programmation du théâtre de Boulogne Billancourt. Merci pour cette
soirée passionnante.
écrit par : carolinefirst
le 08/12/2003
Magistral huis-clos à 8: un huit-clos...
Distribution brillante, étonnantes performances
d'acteurs, des vrais, au sens étymologique du terme. Décidément,
après l'inoubliable "Dragon", quelles belles affiches nous
propose le TOP dans des genres si différents! Une mise en scène
micrométrique, des décors percutants dans le style "décrochez-moi-ça",
sons et lumières de l'au-delà, des effets comiques de haute volée qui
vous tétanisent avant de vous cisailler, que dire d'une telle
réussite, sinon qu'elle est méritée: la scène de strip-poker avec le
Don Juan, vieux-beau encanné et friqué mais pétochard, qui joue
espèces sonnantes contre facéties sexuelles très coquines de la
joueuse-adversaire sous les bombardements vaut à elle seule le détour:
un moment d'anthologie qui doit marquer le théâtre contemporain. Tout y
est, laissez-vous aller et bercer, ça commence à petite lumière pour
finir en feu d'artifice! Une découverte; le jeune adolescent qui ne
regardera ses pieds qu'aux saluts finaux, peut-être pour retrouver son
souffle et/ou sa voix. Il a tellement tout donné ( sauf des baisers
volés ), que ce doit être sa manière à lui de ne pas perdre sa
concentration, ou peut-être savourer a posteriori son rôle d'ailleurs
pas si évident à endosser à son si jeune âge. Mais même sa voix est
posée. Mais pour combien de temps s'il continue au même rythme effréné
pour ses cordes vocales tant sollicitées ? D'ailleurs, nous
on ne l'est ni l'un, ni l'autre: ni baisés, ni volés, bien au
contraire! Mais éclatés, oui, certes. Courez le vérifier et prenez ce
bol d'air de type militaria branché brillamment proposé par Gildas
Bourdet sur un texte étonnant de Luc Girerd. Ces deux heures vous
sembleront minutes.
Dionxu
écrit par : dionxu
le 07/12/2003
ENGLISH
VERSION
Opening
at the Cado d'Orléans – November 2003
Revial
at the Théâtre de l'Ouest Parisien
Directed
by Gildas Bourdet
Published
by Théâtre en Poche, Editions du Laquet (2001)
9
character play : 6 male parts, 3 female parts
"Tadécia.
A town somewhere in Europe. In the midst of ruins and the war which is
crushing the civilian population, six refugees shelter in an old
theatre, still standing in spite of the bombing.
For
some, it's a question of forgetting their lost son, for others it's
trying to obtain a passport in order to flee. The refugees and the two
officers in charge of their evacuation embark on a stay in Tadécia
which gives their existence a new lease of life and different reasons to
hope."
Les
Editions du Laquet
"Girerd is an passionate author, varied,
profound, subtle, sincere. Full of nostalgy and dreams. A man who knows
that past and present are a married couple, witnessed by God, and that
all the literature since Homer is the story of this sad union."
Patrick Besson
"A truly humorous moment full of meaning
Here is a play full of surprises that talks about war and its horrors
with a lot of humor, sensibility and intelligence. A great company (…)
Thank you also for making us discover the best, a kindness haven where
it's really warm in those cold times."
"An excellent show
A play that confirms the quality of the théâtre de Boulogne's
programming. Thanks for this fascinating evening."
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