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''Sur
un banc de Central Park, à New York, Nat et Carter, tous deux
d'un âge vénérable, se rencontrent régulièrement et inévitablement
se confrontent. Nat fabule ; il s'invente des histoires et
des personnages plus farfelus les uns que les autres. Il est
convaincu de ne tromper personne puisqu'il ne fait, selon lui,
qu'apporter des modifications , des retouches, à la réalité.
Après avoir été un seul personnage pendant quatre-vingts ans,
il veut en être cent avant de mourir. Socialiste d'idées et
amateur de causes perdues, Nat veut changer le monde, il
s’obstine en vain à venir en aide à son prochain, en
particulier les problèmes de Carter. Ce dernier est menacé
d'expulsion par le président de l'association des locataires de
son immeuble, Peter Denfor. De plus, Il est quotidiennement
extorqué par Gilley, un jeune voyou, sous prétexte de lui
assurer la sécurité. Bien que Central Park soit un endroit
dangereux, nos deux vieillards semblent plus à l'aise sur leur
banc que dans leur salon, face aux personnages tous plus inquiétants
les uns que les autres. Même si Nat et Carter ne s'entendent pas
toujours sur les moyens pour parvenir à leurs fins, Nat est
menteur, frondeur, Carter naïf et craintif, ils sont tous deux
motivés par un même désir de vivre, d'être utile, de conserver
leur autonomie dans un monde qui les rejette Avec JE NE SUIS PAS
RAPPAPORT, le spectateur est invité à pénétrer l'univers des
personnes âgées exclues et à s'interroger sur le sort que la
société leur réserve. Celle-ci emprunte de multiples visages,
comme ceux de Denfor et de Gilley, ou celui d'un dealer qui
s'attaque aux vieux venus prendre la défense de Laurie, une jeune
droguée. Enfin celui de Clara Guelber, la fille de Nat qui, par
amour, étouffe son père en cherchant à l'enfermer pour le protéger.'' |